Camargue Fishing

Party I - THONS

Il ne fait nul doute que La sortie de l’année fixée dans l’agenda de notre Team est celle qui s’est déroulée cette première semaine d’août 2014 !

Le programme était effectivement alléchant, 2 jours de pêche du Thon rouge en méditerranée suivie de 4 jours de pêche au silure sur le Grand Rhône.

Nous sommes donc 4 à prendre le départ cette nuit du 1er août direction les Saintes-Maries de la Mer. La fine équipe est composée d’Adrien, Hugo, Gamin et moi-même. Le bus et le bateau chargés à bloc, les quelques 9 heures de routes sont englouties pour arriver le samedi matin vers 12h aux Saintes.

Nous prenons alors contact avec Franck Davin qui sera notre guide durant le dimanche et le lundi pour cette fabuleuse expérience de pêche au thon rouge afin de se rencontrer et planifier ces deux journées. Nous faisons alors la rencontre d’un guide accueillant qui nous convie à venir étancher notre soif chez lui alors que Jacques, son broumeur et ami, prépare déjà les bas de ligne spécifiques avec soin.

L’ambiance sera au rendez-vous à ne pas douter sur le bateau. Franck et Jacques ne manquent pas de bonnes blagues, d’une grande motivation et de partage, d’ailleurs Franck a déjà choisi son préféré : se sera David dit « Gamin » !

Il est maintenant temps pour nous de prendre nos aises dans les petites chambres soignées et chaleureuses de l’hôtel Lou Marques aux Stes-Maries (http://www.loumarques.fr/).

Nous sommes accueillis par les patrons qui, semble-t-il, en voient défiler quelques-uns des pêcheurs !


Tout est parfait et c’est à 6h le dimanche matin que nous sommes déjà en train de prendre la direction du grand large sur une mer calme à bord du bateau de Camargue-fishing dirigé par Franck devant un superbe levé de soleil.

Les quelques dizaines de kilomètres qui nous séparent du spot de pêche permettent de faire plus ample connaissance avec nos guides. C’est l’occasion de savourer la première « ptit bière qui porte chance » (Franck et Jacques sont superstitieux sur ce point) et de prendre connaissance des quelques règles de conduites !

  • David ! dit Franck, Tu vois Jacques, assis à la place du broumeur ? Et bien, tu dois le respecter au plus haut point car c’est lui qui décidera de la réussite ou non de notre partie de pêche ! Si tu veux du poisson, il faut que Jacques soit heureux, pour que Jacques soit heureux, il ne faut jamais qu’il finisse «  à sec ». Ton job c’est de toujours faire en sorte qu’il puisse se désaltérer s’il en a envie…mais ne lui donne pas de l’eau, malheureux !

Tout est dit, les explications qui viennent maintenant sont plus axées sur la pêche elle-même :

Nous allons donc pêcher au broumé c’est-à-dire former un couloir composé de sardines écrasées et de quelques morceaux de poissons afin d’attirer les thons lors de notre dérive. L’odeur et les quelques petits morceaux qui se propagent au fur et à mesure de notre dérive et du tempo maintenu par le « broumeur » marquent un couloir que remontent les prédateurs et finissent par se faire piéger par un appât fixé à un des hameçons trainant dans l’eau.

La tenue de la canne pour combattre en « stand-up », la manière de combattre un poisson de ce gabarit et la méthode de montée du poisson à bord nous est présentée par Franck. C’est le moment de mettre les lignes à l’eau et de patienter.

Nous sommes comme des gamins devant ces cannes attendant qu’il se passe quelque chose.

Nous voyons une chasse pas très loin du bateau, les oiseaux se sont regroupés proche de la surface et plongent comme des missiles sur la boule de petits poissons qui s’est retrouvée piégée sous la surface par les thons qui les pourchassent quelques mètres en dessous. Le spectacle est superbe !

Soudain, c’est le départ. La canne plie, le moulinet s’emballe et tout l’équipage se retrouve pris d’une montée d’adrénaline en puissance ! Un thon vient de se saisir de l’appât que nous lui présentions et Franck se saisit de la canne pour la mettre entre les mains de Gamin qui aura donc l’honneur d’être le premier d’entre nous à tenir un thon rouge (rappelez-vous, c’est le préféré de Franck !).

Voyant notre ami rapidement se plaindre de la force du bestiau qu’il tient encore à une centaine de mètre de l’embarcation, nous rigolons ! Tires un peu là-dessus Gamin, vas-y !

Gamin lui, nous rétorque que nous n’avons pas trop intérêt à se moquer de lui, venez le tenir et vous verrez !

En effet, après que nous soyons tous passé à la canne pour prendre connaissance avec ce que nous étions venu chercher, il faut bien l’avouer, on en ressort les bras en compote et avec quelques douleurs dorsales !

Nous finissons par monter à bord notre premier thon sous les « houra » de Franck et Jacques. Nous sommes vraiment heureux, la chance nous sourit pour une fois et déjà l’objectif principal du séjour est atteint….mais nous n’allons pas en rester là.

Le poisson relâché, nous prenons le temps de remettre les lignes en place. Pourtant, Jacques grogne un peu, il ne veut plus broumer…que se passe-t-il ? « Les traditions se perdent avec ces jeunes c’est pas possible une fois ! » (ha oui, il est belge notre ami Jacques, je ne vous l’avais pas encore dit) !

Nous regardons Franck sans trop comprendre ce que nous avions pu faire pour le froisser… «  David, fais vite !, la tradition veut qu’après un poisson on boive une ptite bière !! »

En effet, chose faite, notre broumeur reprend son poste et il ne faudra pas longtemps pour que…

Deuxième départ, à nouveau le poisson prend du fil et c’est reparti pour un tour avec cette fois une idée parfaite de ce qui nous attend !

A nouveau, nous passerons tous un moment à comprendre ce magnifique thon, que du bonheur !

C’est un poisson aux mêmes dimensions que le précédent, toujours de magnifiques reflets et une sacré gueule !

Pour ce deuxième poisson, les traditions sont vites respectées ce qui nous permet de rapidement remettre les lignes à l’eau.

Les thons semblent passer un peu plus profondément que tout à l’heure, nous sommes à peine avant midi et débutons l’apéro !

Jacques a placé une ligne à la verticale une profondeur un peu plus importante que les autres lignes et c’est celle-ci qui à nouveau alors que personne ne s’y était vraiment préparé (en plein apéritif !!) !

Troisième départ et la canne plie vraiment sérieusement, c’est Hugo qui prend la main et semble avoir repris des forces ! 

Après plusieurs dizaines de minutes de combat, il nous hisse ce beau spécimen à bord, encore un poisson de plus à notre séjour et nous n’en sommes qu’à la première journée !

Nous décidons cette fois de prendre le temps de manger tranquillement avant de remettre les lignes en pêche. Gamin fait également un tournus avec Jacques à la place du broumeur ! Franck à ce moment-là n’est pas tout à fait indifférent à la technique de broumage de David ! Décidemment, il est bien ce David, c’est toujours mon préféré !

Mais pour finir, c’est le calme plat. Pour nous, c’est l’occasion de faire une petite sieste après que nos bras et notre dos nous fassent mal. Le temps de fermer les yeux, déjà se remémorer la prise de ces beaux poissons, profiter de cette mer calme.

Franck n’apprécie pas beaucoup que la mer soit soudainement d’huile. Il n’y a plus le moindre courant et nous ne dérivons pratiquement plus. Ça c’est pas bon nous dit-il.

Nous prenons alors la décision de changer de spot pour retrouver une dérive un peu plus active ou le broumage pourra jouer son rôle et réellement servir de ligne odorante pour les poissons que nous convoitons.

Arriver sur place, nous replaçons toutes les lignes. David se remet à la place de Jacques et enchaîne les lancés de petits morceau de sardines. Franck a placé une canne directement devant le bateau sans aucun leste mise à part le poids de l’hameçon sur la ligne. Nous voyons les sardines rattachées à l’armement « danser » dans une dizaine de mètres de profondeur légèrement devant le bateau. Soudain Franck s’écrie, c’est PARTI !!

La canne plie, le poisson fait chanter le moulinet encore plus fort que les prises précédentes, cette fois il prend du fil !

Mais que s’est-il passé ? Et bien Franck a pu apercevoir directement le thon nageant à pleine vitesse venir se saisir de l’appât que nous regardions encore quelques minutes plus tôt. Le thon est donc monté dans une profondeur d’à peine 10 mètres pour venir se saisir de ces sardines. Haaaaa dit Franck, ça c’est parce que David a bien broumé ! Jacques toi, tu peux rentrer chez toi, moi je garde David pour le reste de la saison, c’est mon préféré lui et il me coutera moins cher en bière !!

Trêve de plaisanterie, Adrien qui est au coude à coude avec le poisson n’est peut déjà plus.

Il passe la canne à Hugo .

Au final nous ferons 3 fois le tournus entre nous 4 pour sortir ce bestiau. Dès que nous prenons une dizaine de mètres de tresse en le pompant, celui-ci se décide alors à faire un gros rush pour nous en reprendre 50 mètres.

Le poisson fini par arriver, il est nettement plus large et imposant que les autres ! Là mes amis suisses, vous tenez un thon de 100kg, bravo !!!

Nous prenons également une belle photo de notre guide et cette pièce prouvant que son matériel Zenaq tient parfaitement la route pour de tels spécimens et sans broncher !!

Le poisson retourne à l’eau et ça en sera tout pour aujourd’hui, nous rentrons calmement au port avec une joie non dissimulée après la journée que nous venons de passer.

De retour à l’hôtel, les gérants nous accueillent en nous demandant quels ont été les résultats de notre journée…et bien, nous avons mal aux bras, mal au dos et qu’une seule envie…dormir !

  • Ha vous avez fait du poisson alors ?
  • Ho oui, 4 même, nous sommes morts.

Après l’envoi d’une petite photo, nous voici affichés sur la page de l’hôtel ! Les suisses en méditerranée à la recherche du thon rouge, ça se remarque !

La nuit sera réparatrice, départ à la même heure que le jour précédent avec un espoir de réussir à nouveau une belle journée !

Mais nous gardons en tête les propos de Franck qui soulignaient la journée exceptionnelle que nous avions passé le dimanche. « Normalement, il est rare que je fasse autant de gros thons en une journée. »

Le but est de toute manière atteint, c’est donc l’espoir du petit plus qui nous prend, mais pas de place pour les regrets sur ces deux jours, nous avons eu notre compte en émotions !

La descente du petit Rhône et l’arrivée en eau salée sont toujours un magnifique spectacle à l’aube !

Le temps est aujourd’hui un peu plus couvert et nous avons même droit à quelques averses au petit matin. La mer est belle cependant et après les quelques 90 minutes qui nous séparent de la zone de pêche, il est temps de se remettre « dedans » en préparant psychologiquement nos bras au « pompage ».

 

Franck nous invite à pêcher légèrement différemment qu’hier en tenant cette fois-ci nos cannes directement en main en espérant un départ de thon « en direct ».

Chacun prend donc une canne et observe la mer, sa bannière qui flotte au rythme des vaguelettes tandis que Jacques, toujours aussi bon broumeur, distribue généreusement les morceaux de sardines pour que les thons se joignent à nous.

Nous devons rester très attentifs, comme nous le dit Franck, cette fois, la canne en main, un moment d’inattention peut être fatal. Imaginez, forcément, c’est au moment où vous relâcherez une main de votre canne, que vous déciderez de regarder un peu ailleurs, de vous ouvrir une petite bière (il fait toujours très sec) en tenant la canne entre vos genoux que le moment tant attendu arrivera…pour que vous ratiez un poisson. C’est un peu de la caricature de la pêche…mais c’est à peu près ce qui se passa tout de même.

Notre ami Gamino, après une petite heure et demie d’attente, décide qu’il est temps de « pisser un coup » et « s’en fumer une ».

  • Tiens Kevin, prend ma canne, moi je fais une petite pause…

Je me retrouve donc avec deux cannes, bien calées sur les cuisses et toujours prêt à la moindre touche.

Vous vous en doutez, il me faudra attendre environ 55 secondes pour que je ressente un « TOC » très net sur la canne à David.

J’avertis aussitôt mes collègues : « Hey les gars, bizarre, j’ai eu un TOCCCCCCC…. »  VVVVVVhhhhhhhhhh, le moulin s’emballe, le toc s’est transformé en véritable départ de thon !

Je lance la deuxième canne que j’avais en main à Gamino et prend pour de bon contact avec le bestiau que j’ai au bout de la ligne à Gamin (si vous avez bien suivi). La bobine du moulinet se vide à vue d’œil, c’est un peu la panique, aucun thon jusqu’à présent nous avait fait un tel départ.

Franck s’alarme également après 30 secondes de rush sans la moindre pause.

« Remontez tous vos lignes, on doit le suivre avec le bateau, il a déjà tiré 300 mètres de tresse à Kevin ».

Dans ma tête c’est autant la panique, que le plaisir et surtout la conscience qu’i va falloir donner tout ce qu’il me reste de mes bras à 8h00 ce matin.

Après une bonne vingtaine de minutes, des rushs très puissants, une force du poisson terrible lorsqu’il replonge dans plus de 50 mètres de fond et une envie certaine de faire le combat en son entier après avoir eu cette magnifique touche canne en main, je vois le poisson apparaître sous le bateau.

Jacques à la filoche et le poisson est mis au sec ! Quelle joie, j’ai le dos en compote mais c’est un superbe thon. Nous prenons rapidement quelques photos et remettons immédiatement le poisson à l’eau.

Malheureusement, côté poisson, la journée se terminera là !

Nous croiserons bien les dauphins venus nous voir de très près.

Ainsi qu’un petit requin nageant dans le broumé mais refusant de se saisir de nos appâts.

Pourtant, les thons étaient bien présents, ils passaient régulièrement sous l’échosondeur laissant des échos caractéristiques. Franck et Jacques ont tout tenté, mais quand ça ne veut pas, ça ne veut pas, c’est aussi et toujours ça la pêche !

Nous rentrons donc en fin de journée pour boire une dernière « ptite bière » avec Franck.

Nous nous promettons de nous revoir prochainement et pour nous c’est maintenant l’heure de se préparer moralement à nos 4 jours de pêche au silure sur le Rhône !

Surtout, si l’aventure « Pêche aux thons » vous tente, n’hésitez pas à prendre contact avec Franck sur http://www.camargue-fishing.fr/.

Ce guide sérieux, toujours motivé et rempli d’une sacré dose d’humour et d’anecdotes saura vous recevoir avec la plus grande des gentillesse et vous faire partager sa passion, son savoir (et une ptite bière) et vous procurer sans doute les plus grosses montées d’adrénaline lorsque un magnifique thon vous fait souffrir au bout de l’hameçon !

Camargue Fishing Party II - SILURES

Le mardi, nous prenons un jour de « pause » pour nous remettre de nos émotions pêche. Direction tout de même le Rhône pour en voir l’état. Les débits sont hauts et le vent du nord souffle fortement dès le milieu de matinée. Encore une fois, il faudra nous lever très tôt les jours prochains pour être à l’aube sur l’eau afin de pouvoir effectuer des dérives correctes.

En chemin, nous découvrons un petit canal. Il y a des pêcheurs, nous prenons donc quelques renseignements, c’est l’occasion de pêcher quelques vifs pour les jours à venir. Après un bon amorçage et une heure d’attente, les poissons arrivent enfin sur le coup. C’est Gamino qui nous fera le premier carassin d’une longue série.


Quelques jolies carpes s’invitent également sur le coup de quoi faire de jolis combats sur du matériel léger.

Le mercredi, 7h, nous sommes sur l’eau. Quel paysage ce Rhône ! Nous trouvons quelques coulées intéressantes cependant, malgré la diversité des techniques utilisées sur l’embarcation, les silures seront définitivement peu coopératifs !

Heureusement, il ne manque pas de choses à voir et puis, nous avons de la compagnie sur le bateau.

Il nous faudra attendre le vendredi matin pour débloquer le compteur avec un petit poisson sympa ferré par notre guide silure national j’ai nommé Adri !

Ça remonte quelque peu le moral des troupes, mais c’est certain, les silures sont très méfiants et il faut jouer de précision et finesse pour espérer encore toucher quelques poissons.

Deuxième dérive sur ce même poste et c’est cette fois sur un beau sujet qu’Adri est pendu ! Mince, le poisson se décroche, l’hameçon a glissé sur les dents et s’en est malheureusement terminé. Le vent se lève et cette fois il a tourné en vent du sud.

Nous décidons donc de nous reposer pour aujourd’hui et même si ce n’était pas prévu au départ, nous profiterons encore de la matinée du samedi pour sauver notre session et de ce soir pour reprendre des forces.

Le samedi matin, il est cette fois très tôt lorsque nous embarquons sur l’Adri-fishing boat pour « la last one ».

Nous nous dirigeons directement sur le post de la veille. Enfin quelques poissons réactifs même si il n’y a vraiment rien d’extraordinaire, nous monterons à bord 4 poissons dont le plus joli sera pour Hugo avec ses 155cm.

Décidément, les silures du Rhône sont tatillons avec nous et pour cette nouvelle session, les résultats sont encore très maigres mais ce n’est qu’à charge de revanche vu le sourire malicieux de Gamino.

Sachant que « Petit » deviendra « Grand », on espère bien le reprendre une prochaine avec ses 2 mètres celui-ci.

C’est l’heure du retour au pays après quelques dégâts matériels mineurs (retenons surtout un joli plomb « Tanzili » assassiné par un Gamino sans cœur). Il nous faudra attendre l’arrivée à Yverdon pour « re »décrouvrir la météo capricieuse et pluvieuse de notre région qui vous rappelle que vous étiez sacrément bien en vacances !!!

Enfin, une très belle session au cœur de la Camargue avec une très bonne bande de potes, des nouvelles connaissances que nous nous réjouissons d’avance de pouvoir rencontrer à nouveau et surtout des souvenirs plein la tête…et les bras malgré tout !

Gardez la pêche et Fishhh ooonnnn pour de nouvelles aventures qui ne sauraient trop tarder !

Kevin