La rénovation d’un bateau, un travail de longue haleine (et sa rédaction aussi !)

Enfin, j’y suis. J’ai trouvé le bateau que je recherche depuis plus d’une année : une barque militaire. Après un départ au pied levé, j’arrive à Zurich pour constater l’état du bateau. C’est celui que je veux mais il y aura du travail : sur la coque, la peinture s’écaille par endroit, elle cloque à d’autres. Sans parler de la coque intérieure. Je suis toutefois étonné (en bien) par sa motorisation : 80CV pour un bateau de cette taille ! C’est décidé, je me lance dans la rénovation de ce bateau.


 

Après un second aller-retour pour chercher le bateau, je commence à le préparer. J’enlève tout le matériel présent : taquets, lampes, le poste de pilotage, la direction du bateau, le moteur, etc. Le bateau est à présent nu ! Je profite de mesurer et de noter la hauteur de la ligne de flottaison. 

Je commence alors le début d’un travail ingrat : le ponçage. Mes débuts furent au papier 120 mais j’ai augmenté le grain rapidement jusqu’au 40. C’est tout de même plus efficace. Il faut enlever toute la peinture pour arriver à la matière première : la fibre de verre. Rapidement, j’arrive au constat qu’il y a de l’humidité dans la coque, je le vérifierai à l’aide d’un appareil et d’un forage ! 



Après de nombreux après-midi passés à poncer la coque intérieure, le rendez-vous avec le garde-port est pris. Nous retournerons le bateau – non sans peine – pour attaquer la coque extérieure. Nous posons la barque sur des poutres en bois, fixées à la remorque. Rapidement, nous remarquons que la pluie sera un adversaire redoutable. Pour cette raison, nous déplaçons le bateau sous le hangar du Nid-du-Crô. 

Je ne le sais pas encore mais un long travail m’attend.

Je commence à nouveau par le ponçage. Après de nombreuses heures passées à gratter cette peinture, la coque est enfin nue. 


Il est l’heure d’attaquer l’application de multiples couches. Suivant les conseils d’un professionnel, j’opte pour la réalisation suivante :

1° une couche d’accroche (primaire epoxy)

Ce produit permet à la fois l’adhésion des couches suivantes mais également la protection de la coque contre l’eau et ainsi garantir une certaine étanchéité de l’embarcation. J’ai rapidement apprécié de travailler en extérieur avec l’odeur des peintures utilisées (particulièrement avec ce produit-là). Ce produit s’utilise exclusivement pour le nautisme mais son prix est extrêmement élevé. 


2° mastic 2 composants

A l’aide de deux spatules, j’applique du mastic 2 composants afin de boucher l’ensemble des (nombreuses !) imperfections de la coque. Le travail nécessite une certaine rapidité car le mastic durcit rapidement avec les températures estivales. Avant d’appliquer la couche suivante, un ponçage intégral puis un nettoyage à l’air comprimé et au chiffon humide furent nécessaires !


3° une couche d’accroche (primaire epoxy)

Cette seconde couche d’accroche permet l’adhésion des couches suivantes sur le mastic. Ainsi, le mastic et ces deux couches d’accroche forment un sandwich. 

4° 6 couches de VCtar

Le VCtar est un produit permettant d’étanchéifier la coque (le primaire epoxy ne suffit pas). Une fois durcit, il forme une sorte de couche plastique sur le bateau. Chaque couche nécessite la pose de scotch de protection, un séchage de plusieurs heures, un léger ponçage (pour l’adhésion de la couche suivante) puis un nettoyage avant la couche suivante… Avant de déposer ces 6 couches, j’ai décidé – à l’aide de scotch – la hauteur de la ligne de flottaison.

Malheureusement, de l’humidité s’échappe encore à l’arrière du bateau, j’ai donc dû traiter cet endroit ultérieurement.


 


5° 2 couches d’antifouling

Le bateau est cette fois-ci étanche. Il faut encore le protéger contre les algues. Pour cela, j’applique 2 couches d’antifouling. A nouveau, les préparations sont nécessaires avant et après une couche (ponçage, nettoyage et scotch de protection).

L’extérieur du bateau est enfin terminé. Enfin presque… il reste encore à choisir la couleur de la coque et à la peindre. Ce sera un travail à effectuer ultérieurement. L’ensemble des travaux effectués jusqu’à présent m’auront pris une centaine d’heure de travail !

Après avoir pris un nouveau rendez-vous avec le garde-port, nous retournons le bateau. Cette manœuvre me permet de passer à l’habillement de l’intérieur de la coque. A nouveau, plusieurs heures de ponçage sont nécessaires. Je termine de gratter la peinture sur les endroits non-poncés. Je profite de renforcer deux endroits affaiblis en les fibrant. Je dépose alors deux couches d’accroche (bien moins chère que celle utilisée pour l’extérieur du bateau !). A nouveau les préparations avant et après le dépôt des couches sont obligatoires. Par-dessus l’accroche, j’ajoute 2 couches de peintures antidérapantes. 


Arrive enfin la partie plaisante mais exigeante : l’accastillage. Afin de m’assurer de la taille de la banquette et du poste de pilotage, je fabrique un modèle en carton. Les tailles sont décidées, il faut alors le réaliser. C’est dans un bois plaqué pour l’extérieur que je construis les éléments. A nouveau, une couche d’accroche est nécessaire pour faire tenir la peinture définitive.




Tout est construit, il est l’heure de peindre. Direction la carrosserie. Martial et ses apprentis firent un super travail.




Retour à la maison, c’est le moment de fixer le tout dans les cales préalablement fibrées sur le fond du bateau. Le tout étant assemblé, d’autres travaux minutieux suivirent. Ce fut d’abord la pose des gaines puis du câblage électrique pour les différents appareils (après calculs des tensions, fusibles nécessaires et dessin d’un schéma de réalisation). Vient ensuite l’installation du moteur et de sa direction. L’emplacement du poste de pilotage étant situé plus loin du moteur, il fallut remplacer l’ensemble des câbles de direction. J’ai terminé le travail par la pose de l’accastillage : taquets, supports canne, mat de traine.


En conclusion, si vous décidez d’effectuer une rénovation pensez aux éléments suivants :

  • Le temps nécessaire à de tels travaux (env. 250h pour ma part)
  • Avant le début des travaux, listez l’ensemble des modifications à apporter (pour les effectuer dans le bon ordre)

Ma première sortie de pêche fut l’ouverture de la pêche à la truite le 9 janvier 2016, qui se termina avec trois belles prises. 

Gan