Le rêve de mes 30 ans


On a tous des rêves dans la vie, et quand au détour d’une discussion avec ma chérie, elle me pose la question : Quel serait le rêve de tes 30 ans ? La réponse n’est pas facile. Des rêves, moi, j’en ai bien quelques-uns mais s’il y en a un qui doit sortir du lot ce serait 
de partager une journée de pêche avec Monsieur Silure, alias Jean-Claude Tanzilli (JCT).

JCT est une bible à lui tout seul sur ce mythique poisson qu’est le silure. De mon côté, ce poisson m’attire et me fascine depuis tout petit. Malgré mes heures d’observation, sur nos lacs du Plateau, à tenter de comprendre le comportement de ce poisson, je me pose encore beaucoup de questions auxquelles, je l’espère, JCT aura quelques réponses.

Fin juillet 2017, mon téléphone sonne, la voix de JCT m’annonce que j’ai rendez-vous fin août pour 3 jours de pêche avec lui sur le Rhône !

Départ le lundi 7 août accompagné de Raph direction Chavanay au bord du Rhône. Après une nuit dans un petit hôtel du village, il est temps pour nous de rejoindre la mise à l’eau et JCT pour cette première journée sur l’eau, le rendez-vous est fixé à 6h00. Dehors, c’est le déluge : pluie battante, vent, éclairs…rien de bien accueillant. L’occasion tout de même de faire connaissance avec JCT et les 2 autres partenaires de pêche pour ces 3 jours. Mathéo le fils et Mathieu le père, 2 alsaciens qui viennent en apprendre plus sur la pêche du silure.

L’orage devient malheureusement de plus en plus violent et il est décidé d’un commun accord de retarder notre départ à 9h. Nous prendrons donc notre mal en patience à l’abri dans le bateau. 

Mais JCT en a à raconter ! C’est un homme amoureux de la vie et de la nature mais qui sait toujours apporter ses constats ou opinions avec simplicité et humour. Des anecdotes, il n’en manque pas et le temps passe vite à l’écouter.

L’orage passé, le départ est donné. Nous pêcherons dans le secteur entre Chavanay et Saint-Maurice-l’Exil, un secteur qui lors de ma dernière session sur le Rhône m’avait offert mon record silure.

Mathéo, Raph et moi pêcherons au fireball tandis que JCT tentera une approche aux vers en provoquant les silures à l’aide d’un clonck.

Malgré quelques touches ratées, il nous faudra quelques heures avant que Raph annonce le premier poisson. 


Après quelques minutes de combat un sympathique poisson de 145cm nous rejoindra dans le bateau.


Quelques minutes plus tard, c’est au tour de notre jeune alsacien Mathéo d’être pendu à son premier silure qui lui inflige un puissant combat du haut de ses 135cm. La classe pour un premier silure et Mathéo a des étoiles plein les yeux.

Juste avant d’aller casser la croûte, JCT nous remontera 2 petits poissons au clonk.

Après le repas, c’est reparti pour quelques heures de pêche.


L’après-midi sera tout aussi difficile. Les poissons sont collés au fond et sont méfiants. Mathéo et Raph captureront 3 petits poissons autour du mètre.


Nous voici déjà en fin de journée, il est temps de revenir à la mise à l’eau.

JCT nous propose de tenter une dernière fosse profonde de 15 mètres avant de sortir le bateau et ranger le matos. Nous arrivons sur la fosse et je laisse descendre mon vif. A peine arrivé proche du fond que je ressens une touche discrète suivie d’une sensation de lourdeur. Dans le doute, j’assure un bon ferrage…et c’est pendu ! Le combat est lourd et les coups de tête me font penser à un joli adversaire au bout de la ligne. Après bien des minutes, il est là, il ne fait pas 2 mètres, mais il est déjà bien sympa. Le verdict 172cm, pas un monstre, mais un superbe cadeau de dame nature pour mes 30 ans.


Mercredi matin départ pour cette seconde journée. Les violents orages de la veille rendent JCT confiant malgré les nombreux bateaux déjà présents à la mise à l’eau.

L’eau est cassée, le courant du Rhône est plus actif que la veille et pourtant la pêche sera ultra compliquée. Pas moyen de faire du poisson, malgré différents postes et profondeurs, les silures ne veulent rien savoir. Seule JCT fera 3 petits poissons au clonk. Pour nous 3 aux fireball c’est la mort, vraiment peu de touches. On ne s’attardera pas trop sur cette pêche, en espérant que demain sera mieux.


Rendez-vous le lendemain à 6h matin du coté de Saint-Cyr-sur-le-Rhône, un secteur avec un peux moins de pression de pêche. Après quelques minutes de navigation, nous plongeons nos lignes toujours fireball pour nous 3 et clonk pour JCT. Première bonne nouvelle, les silures sont là, en tout cas sur l’échosondeur, et, décollés du fond, donc en principe mordeurs.

Pourtant il faudra attendre quelques mètres de dérive avant d’avoir la première tape sur mon vif. Du lourd, je ferre, mais rien au bout. Les autres touches seront pareilles pour mes coéquipiers sur le bateau. J’aurais même l’occasion de faire monter un petit silure jusqu’en surface, en jouant avec lui et mon vif.

Après observation de nos vifs, on peut remarquer que les silures pincent uniquement l’arrière du poisson, tout en évitant les hameçons triples. La journée s’annonce autant difficile que la veille, mais la motivation reste intacte. Quelques centaines de mètres de dérive plus loin JCT nous demande de remonter nos lignes car un arbre mort est repéré au sondeur. Après quelques tours de moulinet Mathéo se prend une cartouche dans la canne. Surpris, il débute un combat contre un gros poisson lourd et violent qui se présentera quelques minutes plus tard en surface. J’assure la saisie du poisson par la mâchoire et le hisse dans le bateau. C’est un nouveau record pour ce jeune pêche avec ce bel individu de 2 mètres qui redonne le sourire à toute l’équipe !


Petite séance photo et il retourne dans son élément. La suite restera compliquée. Les poissons, toujours aussi méfiants, ne se laisseront pas avoir.

C’est à cet instant que l’on reconnait les grands pêcheurs qui, grâce à leurs connaissances et solide expérience arrivent toujours à faire la différence. JCT dans la dernière heure, fini par provoquer l’attaque d’un gros poisson collé au fond au vers de terre. Un ferrage à la main, et il me propose de prendre la canne. J’ai été très ému qu’il souhaite partager ce dernier poisson avec moi.


Les coups de tête sont violenta. Mon client est en forme et n’a pas du tout apprécié de se faire réveiller de cette façon. Je ne lui laisserai aucun répit et dirigerai calmement mais fermement le combat. Arrivé en surface, le silure est de bonne taille et frôle surement les 2 mètres.


La mesure nous indique 1m91 ce qui ne me déçoit en rien.


La journée touche à sa fin, il est temps de revenir à la mise à l’eau et de rentrer en Suisse. On tentera un dernier coup devant la mise à l’eau, mais le Rhône gardera ses trésors pour une prochaine fois.

Pour terminer cet article, je voudrais remercier du fond du cœur ma chérie Dalila pour ce magnifique cadeau et d’avoir permis l’accomplissement de ce rêve. Tu as pris gout à ce poisson et la pêche en générale et j’espère que toi aussi, tu gouteras un jour à la sensation d’un gros silure. 

Je t’aime.


Merci à toi Jean-Claude pour ces 3 jours merveilleux !

Je garderai le souvenir d’un homme au grand cœur et bon vivant dont le partage d’expérience, les conseils, la générosité et l’humour sont autant de richesses qui te décrivent si bien. A bientôt je l’espère.


Un grand merci aussi à ma famille et à mes amis pour leur participation.

Il faut vivre ses rêves et non rêver sa vie.

Lio